En terre inconnue …

Equipe Technipeche 3 décembre 2016 1
En terre inconnue …

Philippe MORICANCOURT et Fred CARRIAS de la team TECHNIPECHE / ENMODEPECHE vous livrent au travers de ce récit, leur ressentie et surtout toutes les interrogations qu’ils se sont posées lorsqu’un pêcheur est confronté à un nouveau lieu de pêche …

Le rendez-vous est calé depuis des semaines. Nous ne sommes fixés comme défi d’aborder un lac de barrage encore mystérieux du centre de la France où nagent en toute tranquillité de nombreuses carpes … Malgré de nombreuses recherches sur le net, nous avons très peu voir quasiment aucunes informations à part que la pêche de nuit est totale. Avant de partir, petit tour sur le site de météo France pour consulter les prévisions météorologiques prévues pour cette cession. Il est annoncé pour ce début de session de fortes précipitations, des orages et de fortes rafales de vent… Que du bonheur !

Nous arrivons sur notre futur terrain de jeu et découvrons, face à nous, avec les premières lueurs du jour, une vaste étendue d’eau de plus de 1200 hectares, brassée par le vent. Les embarcations chargées, direction l’inconnu, mais le réveil lui est bien réel car nous sommes bousculés et éclaboussées en ce beau matin pluvieux par de belles vagues, se croyant presque en mer !!!

Où aller ?
Ce barrage, relativement bas à cette époque de l’année au dire des locaux est parsemé de nombreuses baies nous offrant une multitude de postes pouvant abriter ces belles. Pour cette approche et après avoir longuement étudiée la carte extraite de géo portail, nous décidons de nous diriger sur l’une des petites baies (3 à 400 mètres de largueur pour 1 kilomètre de longueur), balayée par le vent depuis quelques jours, nous laissant supposer que le poisson est venu s’y réfugier pour glaner la nourriture charriée.

Où pécher ?
Sur les berges s’alternent des zones caillouteuses et sableuses, des souches et d‘anciennes fondations et murets, sans compter l’omniprésence de nombreuses coquilles de palourdes d’eau douce et les restes d’écrevisses. À l’aide de nos écho-sondeurs (arme non négligeable sur ce type de pièce d’eau) nous essayons d’établir une cartographie des fonds le plus précisément possible. Apparaît à l’écran ces mêmes murets, arbres, cassures et des hauts fonds, ces zones se situant entre 3 et 11 mètres au plus profond, bref de nombreux spots potentiels.

Où s’installer ?
Après le ratissage de la zone, vient enfin la phase de réflexion.
Devant toute cette diversité, ce choix n’est pas évident, surtout lorsque l’on ne connaît pas ce barrage. Par expérience et suite aux observations faites, nous optons de nous installer à l’entrée du bras légèrement abrité mais nous permettant de profiter des berges battues par le vent entrant. Ce poste nous permettra à la fois de pécher la pleine eau, une pointe sableuse, les bordures encombrées de souches sur notre rive et des murets immergés sur la rive opposée.

Toutes ces questions ayant trouvées réponses, reste la question essentiel de l’approche de cette pèche, les appâts et les montages ?

Pour exploiter l’ensemble de cette zone, nous plaçons nos 8 cannes eschées de billes cyprifood « Kraken » dont les résultats ne sont plus à démontrés en 24mm, avec un amorçage au spot. 2 d’entre elles sont décalées et positionnées sur un amorçage massif composé d’un mélange de graine de toute grosseur et de billes.

Côté montage, face aux conditions constatées lors du repérage, nous employons des montages simples 100 % Technipêche mais fortement résistants à l’abrasion dues aux souches et aux roches présentés. Pour y faire face, rien de tel qu’une tête de ligne de 10 mètres de fluoro carbon phénomène ultra hard en 50 centièmes, du clip plomb à vis sur lequel est placé un plomb rivière de 170 gr. Nos bas de ligne court sont composés du fluoro carbon invisible 40 centièmes et d’ hameçons forts de fer et ultra piquants DAI STEEL 650B n°4.

En fin de matinée, les orages annoncés dans la région s’abattent avec violences, accompagnés de fortes rafales de vent et de la grêle (heureusement d’ailleurs que nous avons placés de gros blocs rocheux sur les piquets des biwy).

14 heures | Le calme revient peu à peu, nous laissant le temps de se poser pour un bon repas et une bonne sieste qui ne sera que de courte durée car nous enregistrons notre premier départ, furieux et puissant sur la canne placée sous 5 mètres d’eau le long d’un muret immergé.

Je prend contact … Après un superbe combat en bateau, cette belle première dame au couleur de feu vient rejoindre le tapis. Une belle linaire avoisinant les 10 kg et vierge de tout hameçon.

Repositionnée à l’identique, un nouveau départ se produit sur cette même canne 3 heures plus tard. Cette fois, c’est une miroir qui vient glisser délicatement dans l’épuisette accusant les 12 kg.
En plein cœur de la nuit, bien au chaud dans nos duvet, à rêver de ces belles qui hantent certainement ce barrage, le son de l’un de nos delkim vient rompre le silence de la nuit.
Immédiatement nous prenons contact avec le poisson, le combat en bateau peut commencer …
Cette carpe n’a pas décidé de se rendre aussi facilement, elle prend énormément de fil…
Furieuse, la belle refuse de se montrer… Les 10 mètres de tête de ligne fond un mouvement de va et vient dans le premier anneau de la canne. Ça frotte le long des roches, mais après un dur et long combat, nous parvenons enfin à l’apercevoir et à la faire glisser dans le triangle magique. C’est le mot pour décrire cette belle « coco » d’une robe rose orangée et d’un poids non négligeable de 15,8 kg. Elle termine sa nuit en sac, tout comme nous d’ailleurs.

8 heures 30 : la canne sur la pointe de sable dans nos pieds nous permet d’accueillir une nouvelle commune de 10 kg.

Le reste de la matinée est calme jusqu’au environ midi où nous épuisons une nouvelle linéaire de 11,4 kg puis un nouveau poisson de 8,6 kg.
La nuit suivante, nous enregistrons un seul départ qui se solde par une belle casse.
Cette 2ème nuit est très calme, jusqu’au matin ou nous prenons 2 nouveaux poissons à 3 heures d’intervalles. À ce stade, sur ces premières 48 heures, nous totalisons 8 départs sur la même canne, les autres étant totalement non productives…

QUAND LA MÉTÉO CHANGE …

Les conditions météorologiques sont totalement différentes, les températures contrairement à notre arrivée, sont à la hausse, grand soleil et malheureusement plus de pluie ni de vent. Malgré quelques départs, nos spots sont de moins en moins productifs…
Comme il reste encore quelque jours de pêche, nous décidons de prospecter en bateau, une zone se situant sur notre gauche à environ 400 mètres. Ce changement va nous permettre d’ouvrir la pêche sur la pleine eau et sur de nouveaux spots rocheux beaucoup plus exposés au vent.
En fin d’après-midi, le campement est remonté et les cannes repositionnées sur les nouveaux secteurs. Cette migration nous permettra de prendre 6 nouvelles carpes dont 2 belles petites cuirs.

Au total, sur cette session, 14 carpes sont venues se blottir dans le tapis de réception sur 15 départs pour une moyenne approchant les 10 kg.

S’il est une chose à retenir de cette session, c’est que nous reviendrons, mais cette fois avec une nouvelle stratégie d’approche tenant compte prioritairement de l’influence du vent comme dans certains autres grands barrages et lacs du sud de la France. Cette notion est vitale car lors de nos premières 48 heures, nous enregistrons 9 départs et seulement 6 sur les 96 heures suivantes.

Le changement brusque des conditions météorologiques aura totalement modifié notre pêche, mais surtout l’appétit de nos dames carpes, jusqu’à mettre ce barrage sur OFF.

L’aventure ne fait que commencer …
Phillippe MORIANCOURT & Fred CARRIAS

 

 

 

Un Commentaire »

  1. Emmanuel Baillard 3 décembre 2016 at 10 h 45 min -

    bravo a vous deux pour cette belle aventure