Jungle Story avec TECHNIPECHE

Equipe Technipeche 2 mai 2016 Commentaires fermés sur Jungle Story avec TECHNIPECHE
Jungle Story avec TECHNIPECHE

Je pétais un câble. Pas un poisson depuis le 2 janvier… Et puis analyse faite des mes derniers coups, il s’avérait que je jetai mon dévolu un peu trop aisément sur des eaux faciles histoire de faire du départ. Que ni ni ! Le plan d’eau du coin c’est définitivement pas mon truc. Non, moi j’aime barouder, en « chier » pour quelque chose, avoir l’esprit empli d’espoirs les plus fous. Il n’y a que ma rivière sauvage qui peut me donner ce que je recherche depuis toujours : de l’authenticité, du vrai, du naturel !

Donc, contre toute attente, et après avoir passé une nuit à réfléchir, je charge la « Carpmobile » au minimum et m’en vais vers d’autres horizons plus sauvages. J’ai trois jours et deux nuits pour mettre au sec au moins une sauvageonne. Mon approche peu orthodoxe est la suivante : je veux tendre mes lignes en trois endroits différents sur 3 eaux différentes…
Malheureusement mon premier choix s’avère impossible, un petit lac de barrage qui se trouve à une centaine de kilomètres mais qui à mon arrivée me fait très vite comprendre que je dois aller mettre en pratique mon caprice en d’autres lieux tant le niveau est haut avec ses arbres entiers flottants à la surface.
Je change donc mes plans, et il ne me reste qu’à peine quelques petites heures pour pouvoir me poser. Je choisi le secteur de nuit d’une rivière complètement déchaînée qui a monté au moins d’un mètre cinquante. Autant dire que je ne l’avais jamais vue aussi haute. Bref, il va vraiment falloir que je m’adapte.

Dans ces cas là, pas d’autres choix que de tendre dans les bordures. C’est marrant, mais en positionnant mes montages, je savais que le lendemain à l’aurore je plierai tout pour d’autres lieux, je ne le sentais pas.

La nuit, comme je m’en doutais fut des plus calmes, et à 7 h du mat’ je pliais tout et décidai alors d’aller là où seules les carpes pouvaient se tenir avec une telle crue : une baie d’un peu plus d’un hectare qui rentre dans les terres. Après un tour d’horizon et quelques carpes repérées, je m’installe dans ce qui est digne d’un paysage typique du Vietnam  où pour m’y rendre je mettrais pas moins d’une heure à travers bois et dans un mètre de flotte au milieu des dizaines d’escargots entrain d’apprendre à nager, en vain… ils sont tous morts noyés !

Seul au milieu de la jungle immergée…

Deux cannes, quatre piques, un sac, une épuisette et une paire de cuissardes suffisent. Au moment où je peaufine mes montages, je vois une superbe commune briser l’étincelant miroir sur une mini baie située juste à une vingtaine de mètres sur la gauche, dans laquelle s’effectue un léger courant. Un sac soluble bourré de pellets et de quelques billes, un snowman 15 mm que je place exactement à l’endroit du saut.
L’attente commence assis sur un arbre couché au milieu de la jungle immergée… 40 minutes plus tard la canne est littéralement arrachée de son support et un combat titanesque s’engage, la furieuse voulant à tout prix me la jouer à l’envers en persistant à vouloir rentrer dans les bois immergés. Un hameçon ouvert, un plomb arraché et une tête de ligne complètement ravagée plus tard, je glisse dans l’épuisette celle qui venait juste de me narguer quelques minutes auparavant, une superbe sauvageonne à l’allure élancée.

Retour à l’action. J’arrête la pêche proprement dite et réfléchis au prochain poste sur lequel je souhaite bien réitérer l’exploit. Il me faut un poste « qui pue la carpe » entrant en parfaite adéquation avec cette crue persistante. Oh, j’aurai pu rester sur ce poste et dormir sur mon arbre me direz-vous, mais je veux suivre mes objectifs jusqu’au bout : trois postes. Après avoir tourné, observé, m’être mis in situ sur plusieurs possibilités, je choisi de poser mon coin SDF sur ce poste où il ne reste qu’un mini îlot laissant juste la place pour y placer un bed chair, tout le reste étant immergé sous 80 centimètres d’eau et sur 100 mètres alentours.

L’île au Trésor

Le poste rassemble toutes les caractéristiques nécessaires à héberger des carpes lorsque la rivière charrie des flots. Une pointe d’île qui coupe le courant et forme un petit plateau peu profond, environ 1,80 m, avec des branches qui surplombent. J’y place deux montages pourvus de sacs solubles et avoine avec une centaine de billes. Il est 17h30 lorsque mon « derch » est enfin posé sur mon bed devant ce qui me semble presque évident : ça renifle le fish ! L’attente s’effectue comme selon la coutume, un petit Jack à la main, et là je suis seul au monde sur mon île au trésor… rêveur, observant ici et là tout ce que la nature m’offre : ragondin géant au milieu de la rivière, aigle milan aux ailes déployées là haut dans les airs, et sur la rive d’en face un bal de silures déployant leurs immenses caudales dans des chasses majestueuses…

Merde ! je jette mon sky à la flotte et saisi ma canne de droite dont le moulinet s’emballe à vive allure… Je m’en doutais, j’étais prêt ! La furieuse m’arrache le bras, le combat se fait en puissance, il ne faut pas qu’elle passe derrière l’île, ça c’est fait. Elle remonte à contre courant le petit chenal blindé d’arbres couchés dans l’eau. Je glisse et me retrouve dans la rivière en poursuivant eau jusqu’à la taille celle que je veux ma captive… qui le deviendra quelques minutes plus tard : sacrée miroir de rivière au battoir démesuré !

Pour mener à bien sa quête, il suffit simplement de se retrancher sur soi-même et de faire communion avec la nature. Soit humble et la nature te récompensera.
Je suis un sanguin, un pure souche, tout comme les sauvageonnes que je traque depuis toujours à travers de fabuleuses aventures qui, semblent-t-elles, ne font que commencer…

Matériel et appâts :
CG BAITS
Amorçage : Bouillettes Nugga 15 mm.
Eschage : Snowman 24 mm KS1 – pop-up 15 mm Nugga
TECHNIPÊCHE
Piques et Sentinel 4×4 – Bas de ligne Tresse Mixte Camou, Plomb River Spécial Courant 170 g. sur Rapid Clip à vis , hameçon Daïsteel 650B n°2.

LAURENT PARROT
Team TECHNIPECHE

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