Le sens de l’eau par la Team Technipêche

Equipe Technipeche 30 août 2017 1
Le sens de l’eau par la Team Technipêche

Voilà bien une qualité recherchée, voir même enviée par tous les pêcheurs que nous sommes. Être capable d’arriver sur une rivière, un lac, un barrage, bref sur n’importe quel lieu de pêche et pouvoir définir presque à coup sûr où se situent les poissons en activité.

 Faire du poisson quasiment à chaque sortie aussi imprévue soit-elle, est un avantage psychologique énorme au cours d’une saison et vis à vis des autres pêcheurs. Nous connaissons tous un copain ou un pêcheur du cru qui correspond à ce portrait. Tout le monde s’accorde généralement à dire que ce gars là possède ce que nous appelons dans notre jargon halieutique : « le sens de l’eau ». Vous savez que lors d’une sortie de pêche avec lui, le premier poisson, le seul poisson ou encore la plus grosse carpe, ce sera lui qui la ferrera. Certains évoqueront le facteur chance, mais là il ne faut pas confondre car la chance, chacun de nous peut la rencontrer au fil de ses séjours au bord de l’eau. D’autre part, la chance à presque toutes les sorties, ce n’est plus de la chance et ça défie toutes les lois statistiques en vigueur. Je vous propose donc d’analyser ici ce qui vous permettra d’acquérir, car je ne pense pas qu’il soit inné, ce sixième voir septième sens.Voilà bien une qualité recherchée, voir même enviée par tous les pêcheurs que nous sommes. Être capable d’arriver sur une rivière, un lac, un barrage, bref sur n’importe quel lieu de pêche et pouvoir définir presque à coup sûr où se situent les poissons en activité.
 

 Qui sont-ils ?

Ca peche avec TechnipecheQui sont ces pêcheurs qui peuvent se targuer (et généralement pas se vanter) de trouver le poisson plus « facilement » que les autres ? Première réponse : eux et pas nous. Alors cherchons à comprendre pourquoi cette différence existe ?

D’une part, il ne s’agit que très exceptionnellement de très jeunes pratiquants mais plutôt de personnes qui ont un certain âge. Et commence ici à se dessiner un début de solution à notre problème car en effet le temps de pratique est prépondérant dans l’acquisition du sens de l’eau. C’est, entre autre, pour cette raison que je crois fermement que c’est un sens que tout le monde est capable d’acquérir au fil du temps si on s’en donne la peine. Et plus votre pratique sera intense, et plus vite votre expérience se formera.

D’autre part, il peut s’agir de deux types d’individu.

– Soit ils ne pratiquent que sur quelques plans d’eau ou secteurs de rivière depuis de nombreuses années et dans toutes les conditions possibles et imaginables en abordant des postes très variés sans se cantonner, comme on le voit trop souvent à un poste d’habitué immuable. Ces pêcheurs connaissent alors par cœur quelques situations caractéristiques tant au niveau de la topographie des fonds qu’en terme de situations climatiques. Ils sont alors capables de prévoir qu’en fonction de telle époque et de tel vent il faudra poser ses lignes dans un plan d’eau bien défini et sur des postes clairement repérés.

Team Technipêche

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Soit encore, il s’agit de baroudeurs qui pêchent bien entendu des zones proches de chez eux mais qui en même temps n’hésitent pas dès que leur emploi du temps le leur permet, à se déplacer vers des lieux très variés comme des grands lacs, des lacs de barrage, des fleuves ou encore des pêcheries privées. Ceci leur confère donc une expérience multiple car ils se mettent perpétuellement en situation de recherche du poisson. Et comme la plus part du temps en session, le temps de pêche nous est compté, il est indispensable de faire des efforts en ce qui concerne la localisation du poisson et donc accumulée des éléments par rapport aux pêches antérieures qui permettent d’analyser les situations rencontrées et trouver la réponse adaptée à celles-ci.

 Souvent, il s’agit de pêcheurs que j’appellerais multi-cartes à savoir qu’ils ne se cantonnent pas uniquement à traquer dame carpe. Mais ils peuvent aussi bien pêcher au coup, traquer les carnassiers et tendre leurs lignes dans l’océan lorsque l’occasion se présente. Et croyez-moi toutes ces expériences se montrent très riches d’enseignements. C’est pour ces raisons que chaque moments passés au bord de l’eau doit être un instant de plaisir mais aussi un moment d’accumulation d’information.

Voici quelques anecdotes personnelles qui mettront en lumière ce que j’ai écrit ci-dessus.

Pratiquant de temps à autre la chasse sous-marine pendant mes vacances, j’ai pu observer que souvent, un vent venant de la terre éclaircit l’eau mais par contre rend les poissons plus méfiants et ceux qui d’habitude nagent allégrement en pleine eau se cachent dans les trous rocheux. J’ai voulu vérifier sur un plan d’eau côtier si ce phénomène se répercutait de la même façon et en effet la turbidité de l’eau était nettement moindre après deux jours du même vent et les poissons que je voyais auparavant sauter sur des zones dégagées, étaient situés au cœur d’un amas de branches inextricables. Les conséquences que l’on peut tirer de cette observation, sont par exemple que lorsque ces conditions climatiques se répèteront, il conviendra de rechercher les poissons près des obstacles et de ne pas hésiter à monter les bas de ligne en fluorocarbone afin d’être le plus discret possible et ainsi déjouer la méfiance accrue des carpes.

Team technipeche

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Une autre histoire de vent, sur un plan d’eau que je découvrais. Je pêchais depuis deux jours une berge exposée à un vent de face soufflant de manière importante depuis quelques jours, quoi de plus classique me direz-vous. Et bien, pas un départ alors que tout semblait prometteur. Me souvenant qu’en pêchant le brochet au mort-marnié, il m’arrive de toucher du poisson à l’entrée d’anses abritées du vent, je décidais de me déplacer dans un virage légèrement protégé des bourrasques.

Ce changement de poste m’a permis de prendre deux petits poissons, certes, mais qui m’ont fait dire que je m’étais adapté de la bonne manière et m’ont sauvé de la bredouille. Alors : sens de l’eau ou adaptation ?

De la même manière, sur un petit lac que je pêche depuis des années, une des premières choses que je regarde lorsque j’arrive, ce sont les pêcheurs au coup qui prennent du poisson. En effet, cette eau est très riche en phytoplancton qui par moment forme de véritables nuages palpables dans l’eau et tous les poissons les suivent indépendamment du relief du fond du lac et ceci quelles que soient les conditions météorologiques du moment.

 Comment font-ils ?

 Comme nous l’avons vu précédemment, il me semble que notre fameux sens de l’eau est particulièrement lié à l’expérience de la personne qui le possède et par conséquent au nombre d’heures passées au bord de l’eau à observer et à pêcher. Mais il ne s’agit pas seulement de faire acte de présence, mais bien emmagasiner un maximum d’information sur vos sorties et si possible de les archiver pour en garder des traces fiables. La confection d’un cahier de pêche vous fournira de précieux renseignements pour vos pêches futures et vous permettra de développer votre sens de l’eau à vitesse grand V car une fois sur les lieux, vous n’aurez plus (lorsque celui-ci sera déjà bien rempli) qu’à rechercher dans votre cahier où, quand, avec quoi et dans quelles conditions vous avez réussi vos précédentes sorties afin de pouvoir réunir les meilleurs éléments et réitérer vos exploits.

 Voici quelques éléments que vous pouvez intégrer à ce document :

  • Date
    Lieu de pêche
    Secteur(s) pêché(s)
    Température air/eau
    Vent
    Ensoleillement
    Lune
    Appâts/Type d’amorçage
    Nombre de saut et localisation
    Nombre de départ
    Nombre de prise
    Nombre de pêcheur sur les lieux

 Le recoupement de l’ensemble de ces informations vous rendra d’immenses services dans la rapidité d’action et la déterminaiotn des secteurs à pêcher. Et lorsque l’on réussit à localiser le poisson, on a fait une grosse partie du travail vers la réussite d’une sortie. De plus, il est clair que lorsque l’on est muni de ces informations, on est beaucoup plus confiant car on à déjà une idée d’où se trouve le poisson actif et ce qu’il est susceptible de pouvoir consommer.

Or la confiance en soi, en ses montages et en ses appâts sont des facteurs prépondérants dans la réussite d’une session. Mais par ailleurs, ce n’est pas parce que vous avez pris du poisson sur tel poste avec une seule bouillette sur le fond qu’il ne faudra plus jamais pêcher autrement sur ce poste et dans ces conditions. Il faut toujours avoir à l’esprit qu’une certaine adaptabilité est de mise, la créativité est elle-même une source de progression gigantesque. Alors pourquoi ne pas essayer un jour ou l’autre, un chapelet de maïs flottant à 5 cm du fond. Vous vous apercevrez peut-être qu’il s’agit là de l’arme fatale du moment et vous pourrez alors vous dire que vous aussi vous possédez un certain sens de l’eau.

De même, les expériences que vous pouvez avoir lors d’autres parties de pêche (carnassiers, coup, etc…) doivent vous amener à réfléchir sur les conditions des prises que vous réalisez ou bien encore sur ce que vous pouvez observer vis à vis de votre environnement ou des autres pêcheurs. En effet, combien de fois ais-je vu en pêchant le carnassier, des carpes passer sous ma barque alors pourquoi sont-elle à cet endroit, à ce moment là ? Semblaient-elles en train de s’alimenter ? Prévoyez donc une sortie, même quelques heures ou un coup du soir sur ces lieux même et surtout vais-je dire, s’ils vous semblent inhabituels car ce sont les moins fréquentés … par les pêcheurs.

Team Technipêche

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De façon identique, lors d’une ballade sur votre plan d’eau préféré, vous repérez un pêcheur au coup en train de faire un carton sur des carpillons avec une amorce dont l’odeur d’anis ou de coriandre embaume les alentours. Pourquoi ne pas incorporer cet additif dans les prochains mixs que vous essayerez ici même !

Les petits sujets sont rarement les seuls à faire un détour par les postes amorcés par les pêcheurs au coup.

 En même temps le recueil de toutes ces observations vous apportera énormément quant à votre matériel et à vos appâts. Car vous pourrez ainsi vous rendre compte que telle bouillette ou tel mix que vous confectionnez vous-même prend plus de carpes à la saison chaude qu’à la saison froide ou inversement. Idem au niveau des esches qui fonctionnent mieux dans une rivière plutôt que dans un plan d’eau. L’analyse de vos techniques d’amorçage deviendra très aisée et vous saurez immédiatement si lorsque vous pratiquez sur votre lac de prédilection vous pourrez amorcer de façon conséquente ou bien s’il convient mieux de pratiquer le fil soluble avec trois ou quatre bouillettes dessus seulement.

Et petit à petit vous vous apercevrez que nombre de ces facteurs vous viendront instantanément à l’esprit lorsque vous voudrez faire une sortie dans un endroit donné et donc que vos les aurez mémorisés de la manière la plus naturelle. Vérifiez, vous avez certainement des informations de ce style qui vous apparaissent lorsque vous parlez de quelques lieux que vous pratiquez régulièrement, ça y est, vous avez vous aussi été touché par le sens de l’eau….

 Stéphane Mourier (Team Technipêche)

Un Commentaire »

  1. Beaufrère nicolas 3 avril 2014 at 20 h 55 min - Reply

    un superbe article, très intéressant .. il fût un temps ou le sondeur était très peu connu ,voir inexistant (ou même des lieux ou il n’est pas possible de l’utiliser à cause des perturbations de courants),ou le pêcheur était obliger de savoir décrypter l’environnement si il voulait réussir ses parties de pêches…. merci pour l’article et belle état d’esprit !!

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